
Le Conseil d'Etat, par un arrêt du 30
décembre 2009, semble avoir considérablement élargi la catégorie des frais
déductibles engagés à l'occasion du maintien en vigueur d'une marque en
acceptant à y inclure les frais de surveillance de marque et de noms de
domaine.
En l'espèce, la société SA BEAUTE CREATEURS (SBC), filiale du
groupe L'Oréal exerçant une activité de vente par correspondance de
produits cosmétiques, s'est vu notifier divers redressements en matière
d'impôt sur les sociétés.
Le vérificateur avait notamment remis en cause
la déduction des frais de dépôt, d'acquisition et de surveillance de marques, au
motif qu'il s'agissait de dépenses à immobiliser.
Le Conseil d'Etat n'a
pas suivi ce raisonnement.
Tout d'abord, il rappelle que
"l'enregistrement d'une marque, qui confère à son titulaire un droit de
propriété sur cette marque pour les biens ou services qu'il a désignés, produit,
en principe, ses effets pendant une période de dix ans renouvelable, à compter
de la date du dépôt de la demande (…)".
Ensuite, le Conseil rappelle
"que les droits attachés à cette propriété, qui sont ainsi dotés d'une
pérennité suffisante, constituent, à l'avantage de l'entreprise qui les détient
et peut les céder ou les concéder en tout ou partie à des tiers, une source
régulière de profits de nature à les faire regarder comme un élément
incorporel de son actif immobilisé".
Enfin, les juges concluent en
affirmant que les entreprises peuvent désormais immobiliser, "non seulement
les frais et redevances engagés pour l'acquisition des droits mais également les
frais accessoires directement exposés pour la seule conservation de ces
droits".
Référence :
Conseil d'Etat, arrêt du 30 décembre
2009, n° 305449
http://arianeinternet.conseil-etat.fr/arianeinternet/getdoc.asp?id=91460&fonds=DCE&item=1